Critique - The Raid réalisé par Gareth Evans

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Critique - The Raid réalisé par Gareth Evans

The RaidMembre d'une unité de policiers d'élite, Rama débarque au pied d'un immeuble délabré. Sa mission : capturer le baron de la drogue - un certain Tama - dont c'est le QG. Il s'agit d'un quartier ultra-dangereux où pas un seul policier ne s'est encore aventuré et l'immeuble est devenu un repaire de tueurs, de violeurs et de cambrioleurs en tous genres, bien conscients qu'ils n'y seront jamais inquiétés…
Aux petites heures du jour, les policiers s'introduisent dans l'immeuble et s'acheminent peu à peu vers le dernier étage. Mais lorsqu'ils sont repérés par un indic qui en informe Tama, celui-ci ordonne à ses lieutenants de fermer toutes les issues et d'éteindre les lumières. Tandis que les policiers se retrouvent bloqués au 6ème étage, privés de tout moyen de communication avec l'extérieur, Tama mobilise ses hommes pour affronter les intrus. Rama et les autres policiers doivent désormais fouiller chaque appartement pour remplir leur mission et rester en vie…


Waouah ! On ressort de la projection scotché et bluffé par ce film complètement dingue. Je m’attendais à être un peu rebutée par la violence mais au final pas du tout. Non pas qu’elle ne soit pas présente. Mais elle est si bien présentée et filmée que ce n’est pas ce qu’on retient en dernier lieu. Les scènes se succèdent, extrêmement violentes en effet, mais parfaitement orchestrées. Les chorégraphies sont incroyablement esthétiques et addictives. On rentre complètement dans le film et on ne voit pas le temps passer.


L’histoire se déroule en huis clos, dans cet immeuble de non droit pris d’assaut par une unité de police. L’histoire, très simple au départ, gagne en "profondeur" par la suite avec la révélation d’un coup monté par des flics corrompus et des véritables raisons de la présence du héros, Rama, magistralement interprété – chorégraphié plutôt- par Iko Uwais. Mais bien évidemment il ne faut pas se leurrer : l’intérêt du film ne repose pas dans son scénario qui tient dans un mouchoir de poche, mais dans l’incroyable intensité des scènes d’actions qui combinent scènes de combats à mains nues et utilisations d’armes de toutes sortes (avec une nette prédilection pour les machettes et les gunfights). Certaines sont vraiment jouissives comme celle du combat final dans la salle de torture…


Beaucoup comparent ce film à Ong Bak. Ce dernier avait permis de mettre les projecteurs sur la Thaïlande et son art martial peu connu, le muay thaï. De même, avec The Raid, l’attention se porte désormais sur l’Indonésie et le Sirat, un art martial originaire de Sumatra.


Le buzz autour de ce film n’est donc pas prêt de s’interrompre !


Compte-rendu de la rencontre avec Gareth Evans, le réalisateur

 



Hier, lundi 2 avril 2012, s’est déroulée l’avant-première de The Raid à Paris en présence du réalisateur, Gareth Evans. Simple et souriant, ce jeune Gallois d’origine nous a mis tout de suite à l’aise en nous disant avant la projection qu’il espérait qu’on appréciait les "os cassés" et qu’il ne fallait surtout pas prendre le film au sérieux. C’est fort de ces propos que nous avons pu savourer par la suite l’heure quarante de film avec une salle bondée qui a manifestée plus d’une fois et bruyamment son engouement pour les scènes de combats (donc le film).


Gareth Evans est ensuite revenue et s’est prêté avec bonhomie au jeu des questions-réponses. Voici ce qu’il en ressort.

Il a vécu en Grande Bretagne jusqu’à l’âge de 26-27 ans et n’avait tourné jusqu’alors que des films indépendants sans grand succès. Son épouse, d’origine japonaise et indonésienne, lui a trouvé l’opportunité de tourner un documentaire en Indonésie sur le silat à l’école Iko Silat. C’est alors qu’un nouveau monde s’est ouvert à lui. Il a de suite éprouvé une véritable fascination pour cet art martial méconnu du grand public. Cela lui a aussi permis de découvrir celui qui va devenir son acteur principal dans Merantau puis The Raid, Iko Uwais. Le jeune homme, alors chauffeur de camion dans une société Telecom, a aussitôt démissionné pour suivre le réalisateur. Ce qui l’a fasciné dans le Silat c’est la juxtaposition et le mélange de mouvements à la fois très gracieux et très agressifs. Cet art, d’ailleurs très lié à l’Islam en Indonésie, est souvent empreint de mysticisme et se pratique par certains comme une danse. Sa technique est telle qu’il peut aussi se pratiquer dans des espaces confinés. C’est tout cela que Gareth Evans a voulu faire transparaître dans ses films.


Sa source d’inspiration essentielle est l’âge d’or du cinéma de Hong Kong dans les années 1980-1990, plus direct et agressif en termes de montage. Gareth Evans s’est dit très intéressé par les techniques à l’ancienne qui rejetaient tout ce qui est trop « flashi ». Il est également très influencé par John Woo, John Carpenter ou encore Walter Hill, connus pour faire des films qui se déroulent en huis clôt.


Le tournage s’est déroulé en plusieurs étapes. Il y a eu tout d’abord trois mois de pré-production durant lesquels les deux acteurs principaux (Iko Uwais et Yayan Ruhian qui interprète Mad Dog) ont pensé et essayé les différentes scènes de combat, avant d’en réaliser un storyboard vidéo. Ainsi tout était prêt avant le tournage même qui s’est déroulé au cours des trois mois suivants. Cela a aussi permis de voir que certaines scènes nécessitaient quelques ajustements. Pour le combat de la fin par exemple, entre Rama et Mad Dog, les acteurs ont dû aussi utiliser le Judo pour compenser la différence de taille entre eux.


Gareth Evans a bien conscient que son film est violent mais il ne pense pas qu’il compte parmi les plus violents. En fait son but n’était absolument pas de choquer ou de dégoûter le public. Il a donc pris le parti de filmer les scènes violentes de manière à les rendre le plus supportable possible. Il n’y a jamais d’arrêts sur image. On passe tout de suite au plan suivant et au final la scène de violence extrême proprement dite ne dure que le temps d'un clin d’œil, juste le temps de faire son effet. Il voulait aussi vraiment caractériser l’esprit du sirat et faire en sorte que chaque scène violente devienne une musique, dans laquelle les coups de pieds et de poings servent de percussions.


Une suite est en  chantier. Le tournage devrait débuter en janvier 2013 et sortir courant 2014. Le second opus sera plus agressif et différent dans le sens où l’histoire ne sera plus confinée dans l’immeuble mais étendue à la rue. Les personnages seront donc plus diversifiés du coup.


Un remake de The Raid est en train de se faire à Hollywood. Gareth Evans en est producteur associé ce qui signifie en gros qu’il ne fait rien mais encaisse un chèque. En fait il veut délibérément se mettre en retrait pour laisser le nouveau réalisateur faire son travail correctement. Il déteste qu’on lui donne des directives quand il réalise un film, il n’y a donc aucune raison pour qu’il en fasse de même avec quelqu’un d’autre. Et puis les producteurs lui ont assurés vouloir vraiment rester fidèles à la version originale. Et comme gage de qualité, il sait que les chorégraphes du film travailleront également sur le remake.


Il a lui-même reçu des offres de travail aux Etats-Unis mais ça ne l’intéresse pas trop. Toute sa famille est en Indonésie et pour l’instant il est entièrement accaparé par le second volet.

 




Avec Iko Uwais, Doni Alamsyah, Yayan Ruhian et Joe Taslim - Genre : Action - Nationalité : Indonésienne - Durée : 1h41 - Date de sortie en France : 20 juin 2012 - Date de sortie en DVD et Blu-Ray (France) : 24 octobre 2012 - Film interdit aux moins de 16 ans - Achetez ce film en blu-ray sur fnac.com.

 

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