qui a invente la trottinette electrique

Qui a inventé la trottinette électrique ?

La semaine dernière, je me suis pris une amende de 135€ pour avoir roulé sur le trottoir avec ma trottinette électrique. En attendant mon tour au commissariat, je me suis demandé : mais au fait, c’est qui le génie (ou le sadique) qui a inventé ce truc qui m’a coûté une prune ?

La réponse courte ? Pas une seule personne. La trottinette électrique moderne est le résultat de plusieurs inventions entre 1915 et les années 2010, avec un vrai boom commercial lancé par des startups comme Razor et Bird entre 2016 et 2018.

L’ancêtre oublié : 1915

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la trottinette électrique n’est pas une invention du 21ème siècle. Le premier brevet connu date de 1915, déposé par un certain Arthur Hugo Cecil Gibson à New York. Son « Autoped » ressemblait davantage à une planche à roulettes verticale qu’à nos engins actuels, mais le principe était là : un moteur électrique, deux roues, et un guidon.

L’Autoped pesait 45 kilos (oui, quarante-cinq), atteignait péniblement 25 km/h et coûtait l’équivalent de 2500€ actuels. Autant dire que ce n’était pas le succès commercial du siècle. La production s’est arrêtée en 1921, et l’engin est tombé dans l’oubli pendant presque un siècle.

J’ai vu une photo d’époque sur les archives du Smithsonian Museum : les gens en costume trois-pièces sur ces machins, ça avait une gueule folle. Mais niveau praticité, on repassera.

Trottinette électrique de 1916
Lady Florence Norman, suffragette, circule sur son autopède à Londres en 1916 — un cadeau d’anniversaire offert par son mari, le journaliste et homme politique libéral Sir Henry Norman. (Crédit photo : Wikimedia Commons)

Le trou noir : 1920-1990

Pendant 70 ans, plus personne ne s’intéresse vraiment à la trottinette électrique. Pourquoi ? Les batteries plomb-acide de l’époque étaient trop lourdes, trop chères, et l’autonomie était ridicule. Pas rentable, pas pratique.

Il y a bien eu quelques prototypes dans les années 60-70, mais rien de commercialisé à grande échelle. La technologie n’était tout simplement pas prête. Il fallait attendre l’arrivée des batteries lithium-ion dans les années 90 pour que ça devienne viable.

La renaissance : les années 1990-2000

C’est Peugeot qui relance vraiment le truc en 1996 avec la Scoot’Elec. Ma mère en avait une, et je me souviens qu’elle mettait 6 heures à charger pour faire 20 km. Mais c’était un début. La Scoot’Elec était surtout vendue comme un jouet pour enfants ou un gadget urbain, pas vraiment comme un moyen de transport sérieux.

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En 1999, Gino Tsai, un inventeur taïwanais, fonde JD Corporation et développe un modèle pliable beaucoup plus léger. C’est lui qui va inspirer la vague suivante.

Par contre, l’erreur de cette époque : tout le monde misait sur le marché des enfants. Personne n’imaginait que les adultes adopteraient massivement ces engins pour leurs trajets quotidiens.

Le game changer : Razor (2000)

En 2000, Razor lance la première trottinette pliable grand public (d’abord mécanique, puis électrique en 2003 avec la E100). C’est le carton absolu : 5 millions d’unités vendues la première année selon Forbes. Mon neveu en avait une, elle prenait la poussière dans le garage après trois semaines.

Mais Razor a surtout compris un truc : rendre la trottinette transportable. Le système de pliage en 2 secondes, c’était la révolution. Plus besoin d’une camionnette pour déplacer ton engin.

L’explosion moderne : 2015-2018

Le vrai tournant, c’est l’arrivée des batteries lithium de haute densité et des moteurs brushless compacts. En 2015, des marques comme Xiaomi (avec la M365, sortie en 2016) démocratisent la trottinette électrique pour adultes.

Prix : environ 400€. Autonomie : 25-30 km. Poids : 12 kg. Pliable. Bref, tout ce qu’il fallait pour que ça décolle.

Mais la vraie déflagration arrive en 2017-2018 avec les systèmes de free-floating : Bird, Lime, et en France Lime et Dott. Ces startups américaines ont levé des centaines de millions pour inonder les villes de trottinettes en libre-service.

Les chiffres qui font tourner la tête

Selon une étude de 6t-bureau de recherche (un cabinet français spécialisé dans la mobilité), on comptait en 2019 :

  • Plus de 15 000 trottinettes en libre-service rien qu’à Paris
  • 2,5 millions d’utilisateurs réguliers en France
  • Un marché mondial estimé à 18 milliards de dollars en 2025

Moi-même, j’ai craqué en 2020 pour une Xiaomi Pro 2. Je l’utilise trois fois par semaine pour éviter les bouchons, et franchement, pour les trajets de moins de 5 km en ville, c’est imbattable.

Les vrais inventeurs (version moderne)

Si on devait donner des noms pour la trottinette électrique telle qu’on la connaît aujourd’hui, voici les acteurs clés :

Gino Tsai (JD Corporation) : le système de pliage moderne et la miniaturisation des composants dans les années 2000.

Shane Chen (Inventist) : ce type a déposé plus de 20 brevets sur les technologies de trottinettes électriques entre 2013 et 2016. Il est aussi à l’origine du hoverboard (tu sais, le truc qui prenait feu dans les salons).

Travis VanderZanden (fondateur de Bird en 2017) : pas vraiment un inventeur technique, mais c’est lui qui a démocratisé le concept du free-floating et fait exploser le marché. Bird a levé 275 millions de dollars en un an, du jamais vu.

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Lei Jun et l’équipe Xiaomi : ils n’ont rien inventé technologiquement, mais ils ont industrialisé et rendu accessibles ces engins au plus grand nombre. La M365 est devenue la référence du marché.

La tech derrière l’engin

Ce qui a vraiment permis l’essor des trottinettes modernes, c’est la convergence de plusieurs technologies :

Les batteries lithium-ion : densité énergétique multipliée par 3 par rapport aux anciennes batteries plomb. Ma Xiaomi Pro 2 a une batterie de 474 Wh qui pèse seulement 5 kg.

Les moteurs brushless : plus compacts, plus efficaces, moins d’entretien. Le moteur de 300W de ma trottinette tient dans un moyeu de roue de 8 pouces.

L’électronique embarquée : contrôleurs BMS (Battery Management System) qui optimisent la charge/décharge, systèmes de freinage régénératif, connectivité Bluetooth. Ma trottinette communique avec mon smartphone pour me dire combien de km il me reste.

Les pneus increvables : beaucoup de modèles récents utilisent des pneus pleins ou tubeless. Fini les crevaisons à 7h du mat’ avant d’aller bosser.

L’évolution récente : 2020-2025

Depuis 2020, on voit apparaître des modèles de plus en plus performants (et chers). Des marques comme Dualtron, Ninebot ou Segway proposent maintenant des trottinettes à 1500-3000€ avec :

  • 80 km d’autonomie
  • Vitesse de pointe à 70 km/h (totalement illégale en France, au passage)
  • Suspensions hydrauliques
  • Double moteur

J’ai un pote qui s’est payé une Dualtron Thunder à 2800€. C’est une bête de course, mais franchement, c’est plus un jouet d’adulte qu’un vrai moyen de transport urbain. Et surtout, c’est complètement hors-la-loi sur la voie publique.

Depuis octobre 2019, les trottinettes électriques sont soumises au Code de la route français. Quelques règles à connaître (parce que moi, je les ai apprises à mes dépens) :

  • Vitesse limitée à 25 km/h maximum
  • Interdiction de rouler sur les trottoirs (135€ d’amende, je confirme)
  • Obligatoire de rouler sur les pistes cyclables quand elles existent
  • Âge minimum : 14 ans (12 ans jusqu’en 2023)
  • Pas d’obligation de casque pour les +14 ans, mais fortement recommandé
  • Assurance responsabilité civile obligatoire

D’après les chiffres de la Sécurité Routière, on a enregistré 22 décès en trottinette électrique en France en 2022. C’est pas énorme comparé aux autres modes de transport, mais ça reste 22 de trop.

Les défis actuels

La trottinette électrique, c’est loin d’être parfait. Voici les problèmes qu’on voit encore en 2025 :

La durabilité : les trottinettes en libre-service ont une durée de vie moyenne de… 28 jours selon une enquête de Libération en 2019. C’est catastrophique d’un point de vue écologique. Elles finissent vandalisées, noyées dans la Seine, ou tout simplement cassées.

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Le bilan carbone : une étude de l’ADEME (Agence de la Transition Écologique) de 2022 montre que si on prend en compte la fabrication, le transport et le recyclage, une trottinette en libre-service n’est écologiquement rentable qu’après 150 km d’utilisation. En dessous, tu pollues plus qu’en prenant le métro.

Les accidents : en tant qu’utilisateur, je peux te dire que rouler en trottinette en ville, c’est flippant. Les automobilistes ne te voient pas, les pistes cyclables sont inexistantes ou mal entretenues, et le moindre nid-de-poule à 25 km/h peut te faire décoller.

Le bordel urbain : à Paris, on a interdit les trottinettes en libre-service en septembre 2023 suite à un référendum. Trop de nuisances, trop de trottinettes mal garées. Le système free-floating, ça marche sur le papier, mais en pratique c’est un cauchemar pour les villes.

Mon avis après 4 ans d’utilisation

La trottinette électrique, c’est génial… quand les conditions sont réunies. Pour moi, ça a du sens pour des trajets de 2 à 8 km en ville, sur des voies adaptées, par beau temps.

Par contre, ne crois pas les discours marketing sur « la révolution de la mobilité urbaine ». C’est un outil parmi d’autres, avec ses avantages et ses grosses limites. Sous la pluie, c’est l’enfer. Sur les pavés, c’est une torture. Et dès que tu dois transporter quelque chose de lourd, tu regrettes ton vélo.

L’erreur que j’ai faite : acheter une trottinette bas de gamme à 250€ sur Amazon. Elle a tenu 8 mois avant de rendre l’âme. Si tu investis dans ce mode de transport, mets au minimum 400-500€ dans un modèle de marque reconnue (Xiaomi, Ninebot, Pure Electric). En dessous, c’est de la merde qui va te lâcher au pire moment.

Ce que je retiens

L’histoire de la trottinette électrique, c’est un siècle d’innovations incrémentales : des batteries plus légères, des moteurs plus compacts, et surtout une convergence de technologies qui existaient déjà ailleurs. Personne n’a vraiment inventé la trottinette électrique moderne – c’est une évolution collective.

Aujourd’hui, elle fait partie du paysage urbain, pour le meilleur et pour le pire. Moi, je continue à l’utiliser parce que ça me fait gagner du temps et que j’aime bien la sensation de glisse. Mais je me fais aucune illusion : dans 10 ans, il y aura probablement un autre mode de transport à la mode, et on se demandera comment on a pu rouler sur ces trucs.

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