Vue de hauteur d'outils de bricolage

Quels travaux de bricolage peut-on déduire des impôts ?

L’an dernier, j’ai refait complètement ma salle de bain. Convaincu de pouvoir bénéficier d’une déduction fiscale, j’ai gardé précieusement toutes les factures. Résultat au moment de ma déclaration d’impôts ? Rien. Zéro avantage. Mes travaux n’entraient dans aucune case éligible. J’aurais dû me renseigner avant. Cette erreur m’a coûté du temps et de fausses espérances.

Après avoir épluché les textes officiels sur impots.gouv.fr et passé deux heures au téléphone avec le centre des impôts, j’ai enfin compris le système. Et c’est bien plus restrictif que ce qu’on imagine.

Très peu de travaux de bricolage donnent droit à une déduction d’impôts. L’État est devenu strict. Seuls les travaux spécifiques liés à l’accessibilité, aux bornes de recharge électriques et certains travaux locatifs ouvrent encore des avantages fiscaux en 2025.

Note importante : Les informations de cet article sont basées sur la législation en vigueur en novembre 2025. La fiscalité évolue chaque année. Vérifiez toujours sur les sites officiels avant d’engager des travaux.

Ce qui n’est plus déductible depuis 2021

Commençons par la mauvaise nouvelle. Le grand crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) a été supprimé depuis le 1er janvier 2021. C’était lui qui permettait de déduire les travaux de rénovation énergétique comme l’isolation, le changement de chaudière, ou l’installation de fenêtres double vitrage.

Le CITE a été remplacé par MaPrimeRénov’, une aide directe versée par l’Agence nationale de l’habitat (ANAH). Ce n’est plus une réduction d’impôt mais une prime forfaitaire versée avant les travaux. Grosse différence : tu dois faire ta demande sur le site maprimerenov.gouv.fr AVANT de commencer tes travaux. Après, c’est trop tard.

Selon les informations officielles du site impots.gouv.fr, le crédit d’impôt pour la transition énergétique ne peut plus être sollicité pour les dépenses effectuées depuis le 1er janvier 2021. C’est clairement indiqué dans leurs Questions/Réponses officielles.

J’ai cru que tous les travaux d’amélioration de ma résidence principale ouvraient droit à un avantage fiscal. Faux. L’administration fiscale est très précise sur ce qui est éligible ou non.

Logo de MaPrimeRénov'

Le crédit d’impôt pour l’accessibilité et le handicap

C’est l’un des rares crédits d’impôt travaux qui existe encore en 2025. Mais attention, les règles ont changé en 2024.

Les conditions strictes

Le crédit d’impôt s’applique aux équipements installés dans la résidence principale pour l’accessibilité aux personnes handicapées ou âgées en perte d’autonomie. Le taux est de 25% des dépenses, plafonné à 5 000€ pour une personne seule et 10 000€ pour un couple sur 5 ans.

Depuis 2024, le dispositif a été recentré. D’après les informations de Service-Public.fr, le crédit d’impôt est réservé aux personnes ayant des revenus intermédiaires, avec un revenu annuel compris entre environ 22 000€ et 31 000€ pour une personne seule (les montants varient selon la zone géographique et la composition du foyer). Les revenus modestes bénéficient désormais de MaPrimeAdapt’, et les hauts revenus n’ont plus d’aide.

Les équipements éligibles

Les équipements concernés incluent les équipements sanitaires (douches adaptées, lavabos PMR) et les équipements de sécurité et d’accessibilité. On parle de barres d’appui, sièges de douche, rampes d’accès, élévateurs, systèmes de commande adaptés pour l’eau, le gaz ou l’électricité.

J’ai un oncle qui a fait installer une douche à l’italienne avec barre de maintien pour sa mère. Les équipements doivent être fournis ET installés par la même entreprise pour être éligibles. Acheter le matériel soi-même et faire poser après, ça ne fonctionne pas.

Ce qui ne marche pas

Les travaux d’aménagement classiques comme refaire une salle de bain sans équipement adapté ne donnent rien. Poser du carrelage antidérapant, changer une baignoire pour une autre baignoire normale : pas éligible. L’équipement doit être spécifiquement conçu pour l’accessibilité.

Les bornes de recharge pour véhicules électriques

Voilà un crédit d’impôt encore actif et méconnu. L’installation de bornes de recharge pour véhicules électriques dans la résidence principale ouvre droit à un crédit d’impôt.

Le dispositif a été prorogé jusqu’au 31 décembre 2025. Le taux du crédit d’impôt est de 75% des dépenses, plafonné à 500€ par système de charge. Si tu installes une borne de recharge à 700€, tu récupères 500€ sur tes impôts l’année suivante. Cette information est confirmée sur impots.gouv.fr dans la section des crédits d’impôt disponibles.

Les conditions d’éligibilité

La borne doit être installée dans ta résidence principale (maison ou appartement). Elle doit être posée par un professionnel qualifié. Tu ne peux pas l’installer toi-même et espérer le crédit d’impôt.

Attention : une seule borne par foyer fiscal. Si tu es propriétaire de deux logements, tu ne peux bénéficier du crédit que pour ta résidence principale.

J’ai installé une wallbox l’an dernier. J’ai rempli la case correspondante sur ma déclaration 2042 RICI et récupéré mes 500€. Simple et efficace. Par contre, garde bien la facture de l’installateur, l’administration peut te la demander.

Borne de recharge de véhicule électrique à domicile

Les travaux dans les logements locatifs

Si tu es propriétaire bailleur, certains travaux peuvent être déduits de tes revenus fonciers. C’est différent d’un crédit d’impôt : tu ne récupères pas d’argent direct, mais tu réduis ton revenu imposable.

Les dépenses déductibles classiques

Les travaux de réparation, d’entretien et d’amélioration sont déductibles. On parle de travaux courants : refaire la peinture, changer une chaudière défectueuse, réparer une toiture qui fuit, remplacer une cuisine vétuste.

Par contre, les travaux d’agrandissement ou de construction ne sont pas déductibles. Si tu ajoutes une extension ou si tu crées une nouvelle pièce, ça ne passe pas. La règle : les travaux doivent maintenir ou améliorer l’existant, pas créer du neuf.

Le déficit foncier boosté pour la rénovation énergétique

Pour les travaux de rénovation énergétique dans les logements locatifs classés E, F ou G au DPE, le plafond du déficit foncier imputable sur le revenu global est relevé à 21 400€ (au lieu de 10 700€) de 2023 à 2025.

Concrètement, si tu fais des travaux de rénovation énergétique dans un logement locatif pour le sortir du statut de « passoire thermique« , tu peux déduire jusqu’à 21 400€ de ton revenu global. C’est énorme.

Les conditions ? Les dépenses doivent être justifiées par l’acceptation d’un devis à compter du 5 novembre 2022 et payées entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2025, et permettre de passer d’une classe E, F ou G à une classe A, B, C ou D. Ces dispositions sont détaillées dans le Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFIP) sous la référence BOI-RFPI-BASE-30-20.

Mon cousin a profité de ce dispositif pour rénover un vieil appartement qu’il louait. Isolation des murs, changement de chaudière, VMC double flux. Coût total : 18 000€. Il a pu tout déduire de ses revenus fonciers et même imputer 7 000€ sur son revenu global. Énorme économie d’impôts.

La TVA à taux réduit : un avantage méconnu

Ce n’est pas une déduction d’impôt, mais ça réduit quand même le coût de tes travaux. Certains travaux dans des logements anciens (plus de 2 ans) bénéficient d’une TVA réduite à 10% ou 5,5% au lieu de 20%.

La TVA à 10%

Les travaux d’amélioration, de transformation, d’aménagement et d’entretien dans les logements achevés depuis plus de deux ans bénéficient du taux de TVA réduit à 10%.

Ça concerne la majorité des travaux de rénovation : refaire une salle de bain, poser un nouveau sol, changer les portes et fenêtres, rénover la cuisine. Le taux réduit s’applique sur la main-d’œuvre ET sur les matériaux fournis par l’entreprise.

La TVA à 5,5% pour la rénovation énergétique

Les travaux de rénovation énergétique éligibles bénéficient d’un taux de TVA à 5,5%. Ça concerne l’isolation thermique, le remplacement de systèmes de chauffage performants, l’installation de chaudières à très haute performance énergétique.

Attention : depuis le 1er mars 2025, les travaux comprenant la fourniture ou l’installation d’une chaudière utilisant des combustibles fossiles sont exclus du taux réduit. Fini les chaudières au fioul ou au gaz à taux réduit.

Pour bénéficier de ces taux réduits, l’entreprise doit te faire signer une attestation avant le début des travaux. Si elle oublie, c’est la TVA à 20% qui s’applique.

Ce que j’aurais aimé savoir plus tôt

La fiscalité des travaux est un vrai labyrinthe. Voilà ce que j’ai appris à mes dépens.

Toujours demander avant de faire

Ne commence JAMAIS des travaux en espérant un avantage fiscal sans avoir vérifié l’éligibilité précise. Va sur le site impots.gouv.fr, consulte les brochures fiscales, ou appelle ton centre des impôts. Ça évite les mauvaises surprises.

Pour MaPrimeRénov’, la demande doit être faite AVANT le début des travaux. J’insiste : AVANT. Si tu signes le devis et commences les travaux, puis que tu fais la demande après, tu ne touches rien. Zéro.

Garde absolument tout

Factures détaillées, devis acceptés, attestations, certificats RGE des entreprises, diagnostic de performance énergétique (DPE) avant/après. Tout. L’administration fiscale peut contrôler plusieurs années après et demander les justificatifs.

Je range tout dans un classeur dédié « Travaux et impôts ». Chaque facture est datée, annotée, avec la référence du crédit d’impôt ou de l’aide correspondante. Ça m’a déjà sauvé lors d’un contrôle fiscal.

Les entreprises RGE, un passage obligé

Pour la plupart des aides et crédits d’impôt liés à l’énergie, l’entreprise doit avoir la certification RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). Sans ça, tu ne touches rien.

Vérifie toujours sur l’annuaire officiel france-renov.gouv.fr que ton artisan a bien le label RGE dans le domaine des travaux concernés. Certains ont le RGE pour l’isolation mais pas pour les pompes à chaleur, par exemple. L’annuaire est mis à jour régulièrement et permet de vérifier les qualifications exactes de chaque professionnel.

Les pièges à éviter

Plusieurs erreurs classiques font perdre des avantages fiscaux à plein de gens.

Mélanger résidence principale et secondaire

Les crédits d’impôt ne s’appliquent généralement qu’à la résidence principale. Tes travaux dans ta résidence secondaire ? Pas de crédit d’impôt. Parfois une TVA à taux réduit, mais c’est tout.

La seule exception : si tu es propriétaire bailleur, les travaux dans ton logement locatif (qui n’est ni ta résidence principale ni secondaire) sont déductibles de tes revenus fonciers.

Faire les travaux soi-même

Tu ne peux pas bénéficier d’un crédit d’impôt pour des travaux que tu fais toi-même. L’avantage fiscal porte sur les dépenses payées à une entreprise. Si tu achètes les matériaux et que tu poses tout seul, même avec des factures d’achat, tu n’as droit à rien.

J’ai un pote qui a refait toute son isolation lui-même pour « économiser ». Sauf qu’en refusant de passer par un pro RGE, il a perdu MaPrimeRénov’ (plusieurs milliers d’euros) et la TVA à 5,5%. Au final, ça lui a coûté plus cher.

Oublier de déclarer

Le crédit d’impôt n’est pas automatique. Tu dois le déclarer sur ta déclaration de revenus. Si tu oublies de remplir les cases de la déclaration complémentaire 2042 RICI, tu ne touches rien.

Chaque année en avril-mai, quand tu fais ta déclaration, vérifie bien les cases à remplir pour tes travaux de l’année précédente. Les montants, les dates, tout doit être exact.

Les travaux de 2025 à anticiper

Si tu prévois des travaux cette année, voilà les dispositifs encore actifs.

Pour ta résidence principale

  • Borne de recharge électrique : crédit d’impôt jusqu’au 31/12/2025
  • Équipements d’accessibilité pour personnes âgées ou handicapées : crédit d’impôt sous conditions de revenus
  • Travaux de rénovation énergétique : MaPrimeRénov’ (aide directe, pas crédit d’impôt)

Pour tes logements locatifs

  • Travaux de rénovation énergétique pour sortir du statut de passoire thermique : déficit foncier majoré jusqu’au 31/12/2025
  • Travaux d’entretien et de réparation : déductibles des revenus fonciers sans limite de temps

Les aides cumulables

Tu peux souvent cumuler plusieurs aides. Par exemple, pour des travaux de rénovation énergétique dans un logement locatif, tu peux avoir :

  • MaPrimeRénov’ (sous conditions)
  • La TVA à 5,5%
  • Le déficit foncier majoré

C’est là que ça devient vraiment intéressant financièrement. Mais ça demande de bien monter le dossier.

Couple comptant leur argent pour des travaux

Les changements récents à connaître

La fiscalité des travaux évolue chaque année. Voilà les modifications importantes de 2024-2025.

Recentrage du crédit d’impôt accessibilité

Depuis 2024, le crédit d’impôt pour l’adaptation du logement au handicap est réservé aux revenus intermédiaires. Les revenus modestes ont MaPrimeAdapt’ à la place, qui est souvent plus avantageuse.

Fin du crédit d’impôt pour les chaudières fossiles

Les chaudières au gaz ou au fioul ne bénéficient plus d’aucun avantage fiscal, même pour du remplacement. L’État pousse vers les pompes à chaleur et les chaudières biomasse.

Prolongation du déficit foncier majoré

Bonne nouvelle pour les propriétaires bailleurs : le dispositif de déficit foncier à 21 400€ est prolongé jusqu’en 2025. Si tu as des passoires thermiques à rénover, c’est le moment.

Ce que tu dois absolument retenir

La déduction d’impôts pour les travaux, c’est devenu très spécifique. Oublie l’idée que « tous les travaux donnent droit à une réduction ». C’est faux. L’État cible précisément certains types de travaux : accessibilité, transition énergétique, rénovation des logements locatifs.

Avant de te lancer dans des travaux coûteux, prends une heure pour vérifier ton éligibilité aux différents dispositifs fiscaux. Va sur impots.gouv.fr, lis les brochures pratiques (disponibles en PDF sur le site), fais des simulations sur maprimerenov.gouv.fr. Ou mieux : prends rendez-vous avec un conseiller France Rénov’ (gratuit et sans engagement) qui t’expliquera tous les dispositifs applicables à ta situation précise.

Les conseillers France Rénov’ sont formés spécifiquement sur les aides publiques et peuvent t’aider à monter ton dossier. J’ai utilisé ce service pour mes propres travaux et franchement, ça m’a évité pas mal d’erreurs administratives.

Et surtout, garde TOUTES tes factures pendant au moins 6 ans (délai de prescription fiscale). L’administration a le droit de contrôler, et sans justificatif, tu devras rembourser le crédit d’impôt perçu. Avec des pénalités et des intérêts de retard. J’ai vu ça arriver à un voisin qui n’avait plus ses factures de travaux de 2020. Ça lui a coûté 3 000€ de remboursement plus 800€ de pénalités.

Sources officielles et références

Les informations de cet article sont basées sur les sources gouvernementales suivantes :

  • Impots.gouv.fr : site officiel de la Direction Générale des Finances Publiques, pour les informations sur les crédits d’impôt et la déclaration de revenus
  • Service-Public.fr : portail officiel de l’administration française, pour les conditions d’éligibilité et les démarches
  • MaPrimeRénov.gouv.fr : plateforme officielle pour les demandes d’aides à la rénovation énergétique
  • France-Renov.gouv.fr : service public de la rénovation de l’habitat, pour l’accompagnement gratuit et la vérification des entreprises RGE
  • BOFIP : Bulletin Officiel des Finances Publiques, documentation juridique et fiscale de référence

Ces sources sont mises à jour régulièrement par l’administration. En cas de doute, consultez directement ces sites officiels ou contactez votre centre des impôts.

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